Dire non, c'est trop de boulot (English translation)

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French

Dire non, c'est trop de boulot

Il faut dire qu'à l'époque, du boulot j'en avais
par-dessus la tête, et aussi de ces foutus clients
sur mon dos et de tous ces petits jeux
auxquels les ingénieurs s'amusent.
 
Qu'est-ce que vous voulez, à la longue on fatigue
C'est pas dur de dire oui, mais dire non c'est du boulot.
Alors on finit par dire oui. Oui aux heures qu'on ne compte plus,
oui aux séances d'auto-critique devant le petit chef,
 
aux distributions de bons et de mauvais points,
oui à la pitié mêlée de mépris pour les faibles,
oui au fric qui bâillonne nos consciences
et à la vacherie érigée en principe de management.
 
Et on finit par rire avec les loups
et par trouver drôles les petites blagues salaces,
en essayant de croire qu'on est du côté des vainqueurs
dans la guerre de tous contre tous.
 
Il a fallu cette fille en larmes dans mon bureau
pour me rappeler que dire oui à tout ça a aussi un prix.
Ça m'a quand même fait tout drôle de passer d'un coup
du rôle de chef d'équipe modèle à celui de petit salaud ordinaire.
 
Ça fait plus de quinze ans et pourtant
quand j'y repense j'ai toujours envie de pleurer
ou peut-être de hurler de rage impuissante
face à notre infinie capacité à tout saloper.
 
Et je me dis qu'en d'autres temps
moi aussi j'aurais pris un fusil
pour aller tirer sur ceux d'en face
Ça aurait sûrement été trop de boulot de dire non.
 
Submitted by ingirumimusnocte on Sun, 28/10/2018 - 03:35
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English translation

Saying no is too much hard work

Granted, back then I was swamped by work
and pestered by these bloody customers
and all these little games engineers play
were starting to get old.
 
Whether you like it or not, you get tired eventually.
Saying yes is easy, but saying no is hard work.
And so you end up saying yes. To free overtime,
to the self-criticism sessions in front of the little Hitler,
 
to the distribution of stars and blames,
yes to the pity mingled with contempt for the weak
yes to the money that gags your conscience
and to the management by nastiness.
 
And you end up laughing with the wolves
even finding the lewd little jokes funny
while trying to convince yourself you're on the winning side
in the war of all against all.
 
It took me this girl sobbing in my office
to realize that saying yes to all had also a price.
I must say I felt a bit of a shock being demoted in a sec
from exemplary team leader to common heartless bastard.
 
It's been more than fifteen years now and yet
I still feel like crying when I think of it.
Or maybe like screaming in helpless rage
at our infinite capacity to mess things up.
 
And I say to myself that, in other times,
I surely would have picked a gun
and eagerly shot at the bad guys.
Saying no would have been too much hard work.
 
Submitted by ingirumimusnocte on Sun, 28/10/2018 - 03:55
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